Une page se tourne

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Figure emblématique du FC Châtel, Bledar Shijaku est arrivé en 2011 en tant que joueur avant d’endosser, par la suite, un rôle d’entraîneur. Aujourd’hui âgé de 35 ans, le passionné a décidé de tourner la page et de relever un nouveau défi. Interview.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis entraîneur, soigneur, coach et aussi joueur. Aujourd’hui, j’ai 35 ans, je suis marié et j’ai deux enfants.

Qu’est-ce que représente le FC Châtel pour toi ?

Châtel représente énormément pour moi. Après une blessure grave, une fracture, le club m’a donné l’opportunité de continuer autrement. On a créé l’équipe réserve et j’ai pu devenir coach. Cela m’a permis de développer mes capacités d’entraîneur. Si je suis là aujourd’hui, c’est aussi grâce à Châtel, car le club m’a ouvert beaucoup de portes.

Quels souvenirs forts gardes-tu de ton passage à Châtel ?

Je garde beaucoup de souvenirs. Un moment marquant reste une période difficile où nous avons perdu une personne proche du club. À ce moment-là, le groupe s’est soudé, et nous avons réussi des promotions. On a compris que si on est unis, si on fonctionne comme une famille, on peut avancer. Châtel n’a jamais été juste un endroit où l’on vient jouer puis repartir.

B. Shijaku qui prépare ses troupes avant le match. Crédit photo : Seb Mory

As-tu vu une évolution du club sur le plan structurel ?

Oui. Notamment au niveau des jeunes. Il y a beaucoup de jeunes joueurs aujourd’hui, que ce soit en première équipe, en équipe réserve ou même dans une troisième équipe. Avec le directeur sportif, Carmin, l’objectif est clairement d’aller vers l’avant. L’idée est que les juniors, une fois leur formation terminée, aient une vraie perspective, à Châtel ou ailleurs, avec un bon niveau footballistique.

Aujourd’hui, es-tu prêt à replonger dans une nouvelle aventure ?

Je suis un peu fatigué, donc j’ai besoin d’une courte pause. Mais dans deux semaines, si une opportunité se présente, je repartirai. Quelqu’un qui aime le football ne peut pas rester sans rien faire.

Tu travailles aussi comme soigneur dans des structures professionnelles. Qu’est-ce que cela t’apporte ?

J’ai travaillé avec plusieurs entraîneurs, notamment à Lausanne avec les M15, M17 et M21, et aujourd’hui à Sion avec les M19. J’ai beaucoup appris auprès de personnes expérimentées. Ce n’est pas seulement être soigneur, c’est aussi communiquer avec les joueurs, les soutenir et échanger sur le football. Chaque jour, j’apprends quelque chose, que ce soit sur le plan médical, organisationnel ou humain.

Bledar Shijaku aux côtés des joueurs de la première équipe du FC Sion, lors de la préparation.

En quoi cette expérience influence-t-elle ton approche d’entraîneur ?

Cela influence la communication, la préparation des entraînements et la manière de travailler. Le football professionnel n’est pas fondamentalement différent du football amateur. Ce qui change, c’est l’application et l’exigence qu’on se donne.

Qu’est-ce que tu pourrais apporter à un nouveau club aujourd’hui ?

J’ai travaillé avec des juniors et des équipes actives. J’ai aussi été en contact avec des structures professionnelles. Cette expérience peut être un atout, selon le projet qu’on me propose.

le FC Châtel restera toujours dans mon cœur.

Bledar Shijaku

Pour conclure, as-tu un regret concernant ton passage à Châtel ?

Oui. J’aurais aimé donner plus. J’ai parfois eu l’impression de ne pas être reconnu à la hauteur de ce que je faisais et de ce que je pouvais encore apporter. J’ai senti que j’étais limité à un certain niveau. C’est aussi pour cela que j’ai décidé de partir. Malgré tout, le FC Châtel restera toujours dans mon cœur.

Texte : Suat Jashari

Photos : Suat Jashari

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