Stade Lausanne-Ouchy, l’incroyable épopée

7 Min de lecture

Trois clubs de Super League éliminés, une première finale de Coupe de Suisse et tout un canton prêt à rêver. Contre le FC Saint-Gall, le SLO s’apprête à disputer le match le plus important de son histoire. Derrière cette aventure hors norme, le club lausannois met en avant une recette simple : du travail, une identité affirmée et un esprit familial très fort. Retour avec Gentian Bunjaku, un enfant de la région qui fait partie du staff de cette équipe.

Pour Gentian Bunjaku, ce parcours exceptionnel n’a pourtant rien d’un hasard. En parlant de Dalibor Stevanovic, il souligne son influence au quotidien : « Il nous transmet sa mentalité exceptionnelle, sa qualité de travail et ses idées de jeu. Honnêtement, il n’y a pas de secret. C’est le travail, la préparation de ce genre de match. Le vrai secret, c’est le fait d’avoir cru en nous et de s’être bien préparés. »

Au fil des tours, les certitudes se sont renforcées dans le vestiaire lausannois. « Quand on a éliminé une première équipe de Super League, puis une deuxième, c’est devenu encore plus clair dans nos têtes », raconte-t-il. « On a commencé à croire encore plus en nous et on s’est dit qu’il fallait jouer cette carte à fond. »

Dans cette structure à taille humaine, l’aspect collectif dépasse largement le terrain. Joueurs, entraîneurs, dirigeants et partenaires avancent ensemble avec la même vision. Une dynamique interne qui semble porter le club depuis plusieurs mois. « On n’est pas nombreux dans ce club, mais on est entourés de gens de confiance, de gens droits », souligne Bunjaku. « La clé de cette réussite, c’est vraiment l’énergie familiale. »

Dalibor Stevanovic partage cette analyse. « Notre force, c’est surtout la discipline tactique et le travail quotidien sans aucune excuse », affirme le technicien lausannois. « Mais notre vestiaire est aussi très sain. On fonctionne comme une famille et ça aide beaucoup. »

Toute une région appelée à soutenir le SLO

L’aventure du Stade Lausanne Ouchy dépasse désormais largement le cadre sportif. À quelques jours de cette finale historique face à Saint-Gall, c’est toute une région qui commence progressivement à se mobiliser derrière le club lausannois.

Habitué à évoluer dans une atmosphère plus discrète que d’autres formations romandes, le SLO découvre une ferveur inhabituelle. Les demandes de billets augmentent, les sponsors s’impliquent davantage et l’enthousiasme gagne peu à peu Lausanne et ses environs. « On voit même des sponsors acheter des billets pour les offrir, afin qu’il y ait le plus de rouge possible au stade », raconte Gentian Bunjaku.

Pour l’assistant lausannois, cette finale dépasse largement le simple enjeu sportif. « Aujourd’hui, c’est notre moment de gloire », lance-t-il. « On représente Lausanne, le canton de Vaud et la Suisse romande. »

Au sein du groupe, le discours est clair : le temps d’une soirée, les rivalités locales doivent laisser place au soutien régional. Le club espère rassembler derrière lui tous les amoureux du football romand afin de transformer le Wankdorf en terrain conquis. « Quand un club de la région représente quelque chose d’important, on doit oublier les rivalités », insiste Bunjaku. « On a besoin du soutien des gens pour écrire encore un peu plus l’histoire. »

Même conscient de la forte présence attendue des supporters saint-gallois, le SLO croit en sa capacité à mobiliser. « On sait que le public adverse sera nombreux », reconnaît-il. « Mais nous aussi, on va utiliser nos réseaux et notre entourage pour attirer du monde. Il y aura du rouge. »

Malko Sartoretti a joué la finale de Coupe de Suisse l’année passée avec le FC Biel-Bienne contre le FC Bâle.

Un football offensif assumé

Malgré son statut d’outsider, le club vaudois refuse d’adopter une approche attentiste. Le SLO revendique un football ambitieux et porté vers l’avant, quel que soit l’adversaire. « On essaie toujours d’être dominants », insiste Bunjaku. « Les gens qui regardent nos matchs prennent du plaisir. On a une identité précise, un jeu offensif, compact, sérieux et discipliné. »

Cette philosophie a été mise en place par Dalibor Stevanovic et son staff, dont l’investissement quotidien impressionne en interne. « Les heures ne sont pas comptées », confie l’assistant lausannois. « Au début, ça m’impressionnait. Puis j’ai compris que c’était ça, le secret : le travail, la répétition, la confiance et la collaboration. »

Un projet tourné vers la relève

Au-delà de cette aventure en Coupe, le SLO cherche aussi à construire sur la durée. En parallèle de son rôle auprès de la première équipe, Gentian Bunjaku dirige également la réserve du club.

Un choix totalement assumé par Dalibor Stevanovic. « On voulait qu’il se rapproche davantage du staff afin qu’il apprenne certaines choses et qu’il puisse ensuite les mettre en place avec la deuxième équipe », explique le coach principal. « Sa présence est une plus-value pour nous. »

Cette connexion entre les différentes catégories permet à plusieurs jeunes joueurs de se rapprocher progressivement du haut niveau. « Il y a pas mal de jeunes joueurs de la réserve qui s’entraînent avec nous », confirme Stevanovic.

Ancien joueur du club, Bunjaku se considère avant tout comme un formateur. « S’il y a un jeune talentueux, même en troisième ligue, il faut aller le chercher », affirme-t-il.

« On n’a rien à perdre »

Face à Saint-Gall, le SLO abordera cette finale sans pression excessive. « On n’a rien à perdre », prévient l’assistant lausannois. « On ira là-bas avec notre philosophie, notre ADN et l’amour qu’on a pour ce club et cette région. » Rendez-vous dimanche 24 mai à 14h00 au Wankdorf à Berne pour soutenir le SLO lors de cette finale historique.

La célébration des Stadistes après la victoire face aux Zurichois.

Texte : Suat Jashari

Photo de couverture : Suat Jashari

Photos dans texte : Léa Audidier

TAGGED:
Partager l'article