Le SLO reste insaisissable

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Les Stadistes et leur entraîneur Dalibor Stevanovic ont renversé la vapeur, vendredi, dans le duel au sommet de Challenge League qui les opposait à Yverdon. Menés 0-2 à la mi-temps, les Lions l’ont emporté 3-2.

On reconnaît un leader non seulement à ses victoires, mais aussi à sa capacité à faire jaillir la lumière même dans les moments les plus sombres. Et le Stade-Lausanne-Ouchy, 1er et toujours invaincu au soir de cette 10e journée de Challenge League, n’a jamais été aussi près de poser genou à terre, vendredi, face à un Yverdon Sport dont le plan de jeu l’a largement déstabilisé.

Dalibor Stevanovic dirigeait vendredi soir son 251e match sur le banc stadiste, le 84e en tant que coach principal. « Je ne peux que remercier ma direction pour la confiance accordée », a-t-il glissé humblement.

Entame ratée

Pour commencer, les visiteurs n’avaient rien à perdre, et l’ont démontré dès les premiers ballons joués. Bien regroupés, agressifs sur le porteur du ballon, Bastien Toma et ses coéquipiers ont posé des problèmes aux Lausannois, les poussant même à la faute. Un pressing intelligent qui a permis à Shkelqim Demhasaj (1re) et Jonathan Okita (38e), profitant de deux erreurs d’appréciation à la relance du portier stadiste Laurent Seji, de donner deux longueurs d’avance aux leurs.

Avec ce début de match en apparence catastophique, Dalibor Stevanovic est passé un peu par tous les états d’âme, mais n’a jamais cessé de la faculté de son groupe à rebondir. « C’est un derby, c’est normal qu’il y ait autant d’émotions, estimait le coach après que l’agitation d’après-match soit un peu retombée en coulisses. En première mi-temps on a déjà fait preuve d’une certaine domination, mais on a payé cash les deux seules erreurs qu’on a fait dans le jeu. C’est aussi pour ça qu’on a ressenti beaucoup de choses. »

Et le technicien lausannois d’ajouter: « Même lorsqu’on a été menés 2-0, j’étais vraiment tranquille. Car j’étais convaincu qu’avec le jeu qu’on produisait depuis le début de la partie, en étant plus précis à la finition, on allait y arriver. »

Tournant du match: Varol Tasar (au centre) est exclu à la 45e minute pour un geste d’humeur. YS ne s’en remettra pas.

YS se tire une balle dans le pied

Mais pour qu’un leader conserve son trône, il faut aussi, parfois, que les éléments jouent en sa faveur. Habitué à jouer les sauveurs du côté du Stade municipal, Varol Tasar a enfilé vendredi le costume du vilain. Coupable d’une réaction trop véhémente après un duel aux abords des 16 mètres lausannois, l’Allemand a été prié de rejoindre les vestiaires prématurément par l’arbitre Maurizio Londino.

À la mi-temps, j’étais vraiment calme. Je voulais surtout que mes joueurs se concentrent sur leur travail en 2e mi-temps.

Dalibor Stevanovic, entraîneur du Stade-Lausanne-Ouchy

Si la décision a forcément alimenté les discussions durant le thé, après la rencontre et pourrait bien faire couler un peu d’encre en relançant le débat sur l’absence de VAR en Challenge League, elle a surtout profité aux Lions, qui ont évolué durant un peu plus d’une mi-temps à 11 contre 10.

« Est-ce qu’il y avait carton rouge? Cela je ne peux pas juger. À la pause j’étais vraiment calme, je voulais surtout que mes joueurs se concentrent sur leur travail en deuxième mi-temps, expliquait le technicien slovène. Et bien sûr, j’ai insisté sur la gestion des émotions, car quand il y a des cartons, surtout dans un derby, on doit être capable de canaliser cette énergie. »

De son côté le défenseur yverdonnois Anthony Baron, ancien défenseur de Servette, apparaissait logiquement déçu du dénouement de ce duel de titans: « C’est sûr qu’il y a un goût d’inachevé, surtout quand tu mènes 2-0. Même si on a un peu subi, on a à mon sens pas été trop en danger sur la première mi-temps, on avait su respecter le plan de jeu. » Il poursuit: « On a bien tenté de continuer d’adapter les consignes du coach après l’expulsion, mais je pense qu’on a été trop passifs et on s’est fait punir. »

Anthony Baron et les Yverdonnois n’ont pas su conserver leur avantage en infériorité vendredi face au leader.

Les hommes du match

Le gardien des Verts Simon Enzler a repoussé l’échéance tant qu’il a pu, mais n’a pas pu faire grand-chose sur les trois réussites stadistes. Chez les Lions, Théo Bouchlarhem en avait probablement mangé pour les quatre heures, lui qui s’est fait l’auteur d’un joli doublé, tandis que son coéquipier Malko Sartoretti a été un danger constant sur le front de l’attaque locale.

30.10.2026: Stade-Lausanne-Ouchy – Yverdon Sport 3-2 (0-2)

Buts: 1re Demhasaj 0-1; 38e Okita 0-2; 56e Atangana 1-2; 59e, 73e Bouchlarhem 3-2.

SLO: Seji; Moussadek, Sutter, Barbet; Kaloga (67e Emeran), Tur (46e Atangana), Conus (73e Lusuena), Bouchlarhem; Dantas (67e Freitas), Sartoretti, Tritten (86e Tritten). Entraîneur: Dalibor Stevanovic

YS: Enzler; Sauthier, Gnakpa, Baron, Kongsro; Okuka; Pasche (66e Mayorga), Tasar, Toma (61e Doumbia), Okita (46e Bittarelli); Demhasaj (66e Augustin). Entraîneur: Guillermo Abascal.

Notes: Stade olympique de la Pontaise, Lausanne, 1050 spectateurs. Arbitrage de Maurizio Londino, qui exclut Tasar (45e comportement violent), et avertit Bouchlarhem (45e+1 contestation), Tur (45e+1 contestation), Moussadek (63e, jeu dur), Gnakpa (70e perte de temps), Doumbia (72e jeu dur) et Lusuena (84e, jeu dur). 47e, frappe sur le poteau de Théo Barbet.

Texte et photos: Lucas Panchaud

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