Binational thaïlandais-suisse, Denis Darbellay a fait le choix audacieux de rejoindre la Thaïlande en 2019 afin de poursuivre son rêve de football professionnel. Formé au FC Monthey puis au FC Sion, l’ailier valaisan a depuis construit l’essentiel de sa carrière en Asie, où son aventure se poursuit aujourd’hui.
Un départ vers l’inconnu
Après avoir terminé son apprentissage de laborantin en chimie à Monthey, Denis Darbellay a décidé de suivre les traces de plusieurs joueurs binationaux qui avaient réussi à s’imposer dans le championnat asiatique. « J’avais vu d’autres doubles nationaux qui avaient réussi là-bas et cela m’a inspiré », explique-t-il. Son aventure débute lors d’essais organisés par un club de quatrième division. Parmi près de 200 candidats, le Chablaisien parvient à se faire une place. Ses performances attirent rapidement l’attention du Police Tero, pensionnaire de première division à l’époque. Après une période de test concluante et quelques apparitions avec l’équipe réserve, il intègre l’équipe première dans un contexte particulier marqué par la pandémie de Covid-19. Une opportunité qu’il saisit pleinement et qui lui permet de découvrir le plus haut niveau du football thaïlandais.

Une carrière construite en Thaïlande
Durant trois saisons, Denis Darbellay porte les couleurs du Police Tero avant de poursuivre son parcours à Uthai Thani puis à Nakhon Ratchasima FC. Après une période plus compliquée sur le plan collectif, il rejoint ensuite le Kasetsart en deuxième division. Aujourd’hui libre de tout contrat, le Valaisan analyse plusieurs offres et espère rapidement retrouver l’élite. « Mon objectif est de revenir en première division, de m’y imposer comme titulaire et pourquoi pas rejoindre une équipe du top 5. » L’équipe nationale thaïlandaise fait également partie de ses ambitions, même si la concurrence reste importante avec les nombreux joueurs binationaux évoluant en Europe.
Un football bien différent de la Suisse
Si le ballon reste le même, les conditions de jeu sont parfois bien différentes de celles rencontrées en Suisse. « La chaleur et l’humidité sont les principales difficultés. Dans certaines divisions, les matchs se jouent à 15 heures et cela demande une énorme adaptation physique », explique Denis Darbellay. L’ailier valaisan relève également des différences dans le style de jeu « En Thaïlande, le football est plus agressif dans les duels. En Suisse, le jeu est davantage structuré. Par contre, à partir de l’heure de jeu, les rencontres deviennent souvent très ouvertes ici. » Autre particularité du championnat thaïlandais, la concurrence importante entre les joueurs. Avec plusieurs places réservées aux étrangers dans les effectifs de première division, chaque opportunité doit être saisie.
Des ambiances impressionnantes
Au fil de ses années en Thaïlande, Denis Darbellay a découvert des stades et des ambiances qui l’ont marqué. Le stade de Buriram reste son souvenir le plus impressionnant. « Jouer devant près de 20’000 personnes, ça fait quelque chose. » Le Port MTI FC de Bangkok l’a également marqué avec son stade à l’anglaise et des supporters installés au plus près du terrain. Le football thaïlandais possède aussi ses propres traditions. Avant chaque rencontre, l’hymne national retentit dans le stade, un moment particulièrement respecté par l’ensemble des acteurs du football. Au cours de sa carrière, le Chablaisien a également croisé la route de joueurs reconnus, comme Aly Cissokho, ancien joueur des Reds de Liverpool, Andros Townsend, ancien pensionnaire de Premier League, ou encore Rivaldinho, le fils de la légende brésilienne Rivaldo.

Une autre qualité de vie
Au-delà du football, Denis Darbellay apprécie particulièrement son quotidien en Thaïlande. « La vie est plus détendue et les gens profitent davantage. Il y a toujours quelque chose à faire pendant les jours de congé. » Lors de ses retours en Suisse, certains détails l’ont même surpris. « Voir des magasins fermés le dimanche ou déjà en fin d’après-midi, c’est quelque chose auquel je n’étais plus habitué. »
L’aventure continue
Après plusieurs saisons passées en Thaïlande, Denis Darbellay ne manque pas d’ambition. À l’heure où plusieurs clubs de première division s’intéressent à son profil, le Valaisan espère poursuivre son ascension et écrire un nouveau chapitre de sa carrière. Une trajectoire atypique qui démontre qu’il existe parfois d’autres chemins pour atteindre le football professionnel.

Texte : Alan Jeanbourquin








