Né en 2021 de la fusion entre le FC Treyvaux et le FC La Roche/Pont-la-Ville, le FC La Combert a su relever le défi le plus complexe du football régional : unir des identités voisines sans jamais effacer leur âme. À la tête de ce club formateur et ambitieux, la coprésidence formée par Romain Clerc et Mathieu Snga insuffle un vent de passion, de proximité et de convivialité.
Un héritage forgé par les supporters et les petites mains
Fédérer deux entités n’est jamais un long fleuve tranquille, mais à La Combert, la mayonnaise a pris grâce à un socle solide. Le plus bel héritage des anciens clubs reste sans conteste le soutien indéfectible des supporters. Que l’équipe joue un mardi soir pluvieux ou un dimanche après-midi ensoleillé, le public répond toujours présent autour de la pelouse.
À cela s’ajoute l’inestimable travail de ces fameux « travailleurs de l’ombre » – celles et ceux qui bichonnent les terrains et donnent sans compter de leur temps. Beaucoup ont poursuivi leur engagement après la fusion, formant le véritable cœur battant du club. S’il fallait résumer l’identité de leurs équipes en un mot, les coprésidents n’hésitent pas : la grinta. Une farouche volonté de ne jamais rien lâcher jusqu’au coup de sifflet final.

Une double identité géographique transformée en force
Gérer un club multisite comporte son lot de défis logistiques, mais la direction a choisi d’en faire une opportunité. En faisant alterner les équipes d’actifs sur l’ensemble des infrastructures régionales, le comité évite le piège des clans. L’objectif de cette saison est clair : créer un véritable ADN de club plutôt qu’une simple juxtaposition d’équipes.
Ici, la proximité humaine prime. Si vous allez voir jouer la deuxième équipe, vous croiserez à coup sûr des joueurs de la première au bord du terrain pour encourager leurs coéquipiers, et inversement. Peu importe le site, l’ambiance des buvettes et le sentiment d’appartenance restent les mêmes : tout le monde défend les couleurs du FC La Combert.
La formation et le défi de la jeunesse
Pilier indispensable de la vie du club, la relève s’épanouit au sein du Team Cousimbert, un mouvement junior mené en étroite collaboration avec le voisin du FC Haute-Sarine. Pour Romain Clerc et Mathieu Snga, le plus grand motif de fierté restera toujours de voir un jeune du cru, vu grandir au fil des années, réussir sa transition et s’imposer en équipe d’actifs.
Néanmoins, les dirigeants gardent un œil lucide sur l’avenir. Le comité ne cache pas une certaine inquiétude face à la baisse progressive du nombre de vocations chez les plus jeunes. C’est l’un des combats de demain, qui rend d’autant plus précieux le travail quotidien mené par le Team Cousimbert et la qualité des relations entretenues avec le FC Haute-Sarine.

Regard vers 2050 et la touche finale
À quoi ressemblera le FC La Combert dans quelques décennies ? En se projetant en 2050, les coprésidents rêvent grand : voir un jour un pur produit de la formation locale percer dans le monde professionnel, tout en consolidant les ambitions sportives de l’institution, comme une finale de promotion en 3e ligue ou un sacre en Coupe fribourgeoise. Mais le succès ultime, pour eux, sera avant tout de maintenir le club en vie, avec cette même passion communicative et cette capacité unique à rassembler les gens de la région.
Et parce qu’un bon portrait de club ne serait pas complet sans un brin d’humour, les deux hommes referment l’entretien sur une note complice. Interrogés sur la galère présidentielle qu’ils aimeraient refiler à l’autre, Mathieu céderait volontiers les après-matchs s’étirant jusqu’à trois heures du matin, tandis que Romain refilerait sans hésiter les interminables séances de comité. « Finalement, on se complète plutôt bien ! » concluent-ils dans un sourire. La preuve que, malgré les tracas administratifs et les dimanches de crise, c’est bien la passion qui mène la danse à La Combert.
Texte : S. Rossier
Crédit photos : M.Roland Bapst





