Johann Karlen: « Ça aurait été un match différent si je l’avais mise au fond »

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La « deux » du FC La Sarraz-Eclépens a conclu son magnifique parcours en Coupe vaudoise par une défaite 2-0 en finale contre Genolier-Begnins. Johann Karlen et ses coéquipiers ont toutefois regardé la formation de la Côte droit dans les yeux, l’attaquant étant notamment passé tout proche d’ouvrir le score.

Echallens II, Bursins-Rolle-Perroy, Thierrens, Forward-Morges: la liste des équipes évoluant au plus haut échelon vaudois ayant subi la loi de la réserve du FC La Sarraz-Eclépens, quant à elle pensionnaire de 3e ligue, lors de cette édition de la Coupe est impressionnante. En ce jeudi de l’Ascension, les Sarrazins avaient l’occasion de rééditer une cinquième fois cette performance face à Genolier-Begnins, afin de remporter un deuxième titre après la première finale gagnée en 2008 (victoire 4-1 face à Renens).

La dernière marche, finalement, aura été celle de trop. Les hommes de Mikael Duperret ont largement fait jeu égal avec les « Canari », mais ces derniers ont fini par prendre le dessus dans le dernier quart d’heure. « Il n’a pas manqué grand-chose, regrettait l’ailier Johann Karlen, à quelques mètres des célébrations des Jaune et Vert. On les a peut-être trop respectés. On aurait pu encore mettre un coup supplémentaire. On savait que s’ils passaient devant, ça allait être compliqué de revenir. L’objectif était vraiment de marquer ce premier but, puis essayer de tenir. »

L’arrêt de Nicolas Decurtins, tournant du match?

Marquer en premier, La Sarraz aurait pu le faire. Bien entrés dans leur finale, les « rouges » ont gardé le ballon lors de la majorité de la première période, peinant toutefois à se montrer réellement dangereux. Jusqu’à la 42e minute, lorsque Johann Karlen justement, bien servi par Samir Jakaj en profondeur, s’est heurté au gardien Nicolas Decurtins, auteur d’un arrêt décisif en un contre un. « Ça peut changer pas mal de choses, reconnaissait le numéro 9. On ne va pas refaire le match là-dessus, mais c’est clair que ça aurait été un match différent si je l’avais mise au fond. » Son entraîneur, quant à lui, préférait s’en remettre à la fatalité. « Contre Morges, on s’est procuré deux occasions et on les a mises au fond. Là, il a manqué cette réussite. Ça devait être écrit comme ça… »

Johann Karlen a été tout proche de marquer pour La Sarraz-Eclépens. / crédit photo : Gabriel Da Mota / archives

Très fermée, cette finale s’est finalement jouée à l’expérience. « Il nous a manqué le facteur chance et un peu de lucidité, poursuivait Mikael Duperret. Je ne pense pas qu’on était plus faibles qu’eux. On les a bien embêtés. Il nous a juste manqué ce petit truc en plus: on jouait encore trop comme une troisième ligue dans les duels, les replacements… Mais c’est aussi dû à la pression d’une finale. Nos jeunes vont encore progresser. » Privé de plus de son attaquant phare Arnaud Baudat (11 buts dans la compétition), sorti sur blessure après 30 minutes, La Sarraz n’a que rarement inquiété le dernier rempart adverse. « C’est clair que cette blessure complique les choses. On a peut-être trop attendu, on aurait dû aller plus de l’avant et tenter. On a attendu de prendre ce but pour commencer à faire notre jeu. »

« Ce qu’on a réalisé est extraordinaire »

S’il est forcément difficile de sortir d’une défaite en finale avec des émotions positives, la fierté n’a pour le moins pas été occultée du côté des Sarrazins. « On est forcément arrivés avec l’idée qu’une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. Mais c’est clair que, dès qu’on aura un peu de recul, on pourra être fier de notre parcours », confirmait Johann Karlen. Et son entraîneur d’abonder dans son sens. « On est déçus parce qu’il y avait la possibilité de faire mieux, mais je suis fier de mes joueurs qui ont tout donné. Ce qu’on a réalisé dans cette Coupe est extraordinaire. »

« On peut avoir notre place en 2e ligue »

Pour Mikael Duperret et ses hommes, place désormais au championnat avec en ligne de mire les finales de promotion, déjà disputées la saison passée avec un goût d’inachevé toujours bien présent, même si les discours restent prudents. « Il faut faire attention à ce que cette finale ne reste pas trop dans les têtes. On rejoue dimanche et il faudra passer vite à autre chose après deux défaites de suite. C’est aux joueurs de voir: soit on s’écroule, soit on relève les têtes. » Surtout que, comme le souligne Johann Karlen, le chemin n’aura rien d’évident. « Je pense qu’on peut avoir notre place en 2e ligue, mais il y a pas mal de grosses cylindrées dans les autres groupes, comme Champvent ou Malley. On sait que les finales vont être compliquées. On va déjà penser à s’y qualifier en se remettant de cette défaite. »

Genolier-Begnins remporte une nouvelle fois la Coupe vaudoise.

Texte: Mathieu Grandchamp

Photos: Arnaud Despont

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