Face à Bâle dimanche, le club valaisan entamera le tour final de la Super League. Le jeune Chorgue espère être sur la feuille de match. Cette saison, il compte déjà deux titularisations dans la première équipe.
En foot, la grande majorité des enfants veulent jouer en attaque, marquer des buts comme Mbappé ou Messi. De Troistorrents, Maxime Dubosson (21 ans), lui, a toujours préféré évoluer en défense. «J’aime les duels sur l’homme, même si je ne suis pas assez méchant parfois. Et depuis derrière, on voit tout le jeu.»
Dans le club du village, son papa Bruno a été son premier entraîneur dans l’équipe de junior D, où jouait aussi son jumeau Baptiste. Et il a vite décelé chez Maxime une vraie vocation. «Alors que Baptiste évoluait en pointe, Maxime, même quand je le plaçais devant, reculait au bout de cinq minutes. C’était plus fort que lui. On l’appelait la Muraille de Chine tant il se montrait infranchissable. Et il avait déjà un pied gauche monstrueux.» Sergio Ramos, l’impitoyable stopper du grand Real Madrid, lui a servi de modèle.
Intégré depuis l’an dernier dans la Une du FC Sion, Maxime Dubosson est considéré aujourd’hui comme l’un des grands espoirs du club de Christian Constantin. Cette année, à son poste de défenseur central, il a été titularisé deux fois contre Thoune et Zurich. Meilleure équipe romande, Sion jouera dès dimanche à Bâle le tour final de la Super League, une première depuis le système de «Championship-Relation Group».
En progression constante
Loin du bling-bling du passé, cette équipe qui ne lâche rien a retrouvé son âme, son public. «On sent un véritable engouement et ça fait plaisir», relève Maxime Dubosson. Selon lui, une belle osmose règne au sein du vestiaire. «Un groupe sain où il n’y a pas de clan et où on s’entend tous très bien. C’est pas pour rien qu’on fait une si bonne saison.» Et de souligner le rôle déterminant joué par Didier Tholot, ce coach entier et sans concession. «Un vrai leader, totalement transparent, qui vous dit toujours les choses en face. Avec lui c’est du donnant-donnant.»
Le jeune Chorgue vient de voir son contrat pro prolongé jusqu’en 2028. «C’est la preuve que le club compte sur moi et cela donne confiance», se réjouit-il. Barthélémy Constantin croit beaucoup en son défenseur. «En progression constante, Maxime a franchi plusieurs paliers récemment, il a mérité cette prolongation.»
Donner sa chance à la formation traduit le nouvel état d’esprit du FC Sion. «Aujourd’hui, des 26 joueurs de l’effectif, 20 ont été formés en Suisse, dont 8 Valaisans. Depuis trois ans, on reste fidèles aux mêmes valeurs, humilité, travail, abnégation et joie d’être ensemble aussi. Et avec cette nouvelle dynamique, on est sur le bon chemin. Le club vit un moment charnière», analyse le directeur sportif. De quoi se mettre à rêver? Actuellement cinquième du championnat, Sion peut encore viser l’Europe.
Direct dans le bain
Maxime Dubosson porte les couleurs du FC Sion depuis les M16. Aujourd’hui, quand il n’est pas retenu par la Une, il joue avec les M21. L’entraîneur Bruno Pascale apprécie beaucoup son talent. «Calme, réfléchi, très mature pour son âge, Maxime sait anticiper, annihiler son adversaire, avec beaucoup de concentration.»
En Super League, le jeune stopper avait fait ses débuts l’an dernier à Winterthour durant 20 minutes, mais c’était un match sans enjeu, Sion ayant déjà assuré son maintien. Le 15 février dernier, en revanche, Didier Tholot l’a titularisé pour la première fois dans un duel clé face à Thoune, ses deux défenseurs centraux habituels étant suspendus. «La veille, le coach m’a pris à part et m’a dit: <Demain, je te lance!> J’ai bien dormi et à Thoune, comme on jouait à 14h et pas le soir, je n’ai pas eu le temps de trop gamberger.»
Après 14 secondes de jeu, le Chorgue a eu droit à un bizutage de la part de Rastoder, l’attaquant oberlandais. «D’un body check, il m’a envoyé par terre alors que je n’avais pas encore touché le moindre ballon… Il savait que c’était mon premier match et il a fait ça pour m’intimider. Mais comme je m’y attendais, cela m’a au contraire mis dans la partie.»
Malgré la défaite (1-0), tous les observateurs ont souligné l’excellente performance du petit nouveau. «Je m’en suis bien sorti même si j’étais déçu d’avoir perdu. J’ai reçu plein de messages de copains, d’anciens entraîneurs.» Le papa, la maman, les deux frères étaient à la Stockhorn Arena pour le soutenir. «J’étais plus stressé que Maxime, raconte le papa, car un jeune n’a pas droit à l’erreur lors d’une première à ce niveau. Mais il a fait son boulot, il s’est montré, prouvant qu’on pouvait compter sur lui.» Un mois plus tard, il récidivait, 90 minutes durant, lors de la victoire contre Zurich (1-2). Et il espère encore engranger du temps de jeu avant le coup de sifflet final de la saison. Il lui reste cinq matches pour le faire.
Texte : Bertrand Monnard
Photos : A. Beysard : FC Sion



