Joaquim Adao, directeur sportif, Mario Calvano, secrétaire général, et Edin Becirovic, entraîneur principal, viennent renforcer le Vevey-Sports. FootVaud est allé à leur rencontre pour comprendre leur apport au projet veveysan.
Depuis l’été dernier, disons-le clairement, tout et son contraire a circulé autour du Vevey-Sports depuis la prise de pouvoir de son président, Fatlind Rama.
« La première difficulté a été la confusion entre l’association et Vevey-Sports SA. Il a fallu beaucoup de temps pour dissocier les deux, vérifier ce qui était confirmé ou non, et travailler avec des avocats et des conseillers. La deuxième difficulté était sportive. Nous n’avions que sept joueurs de l’équipe première au départ. Construire une équipe en peu de temps, lancer une préparation et débuter le championnat a été compliqué. »
Des renforts de choix
En coulisse, la direction du club a profité de la trêve pour se renforcer. Ancien directeur administratif au FC Sion jusqu’en 2024, Mario Calvano bénéficie d’un mandat externe pour la gestion administrative du club.
« Mario Calvano s’occupe de tout ce qui touche aux transferts et à l’administratif. Cela comprend les contrats des joueurs, le TMS FIFA (Transfer Matching System), les relations avec l’ASF, la transition entre les différentes entités du club, ainsi que les sponsors. Il connaît beaucoup de monde et peut traiter directement avec eux », explique le président.
Une autre arrivée inattendue
C’est certainement celle de Joaquim Adao, ancien joueur professionnel au FC Sion et international angolais, qui reprend le rôle de directeur sportif laissé vacant par Salim Karib.
Dans cette situation compliquée pour le club, on peut se demander pourquoi le Fribourgeois a accepté ce rôle. « Ma carrière a été atypique. J’ai souvent évolué dans des clubs à fort caractère. Ce type de contexte me motive. Venir aider le club est en partie un engagement bénévole, motivé par l’amour du football et par ce projet qui, justement parce qu’il semble impossible, devient presque excitant », explique Joaquim Adao.
Le Fribourgeois a tenu à clarifier sa prise de fonction récente au sein de son club formateur, le FC Schoenberg. « Les deux régions sont voisines, ce qui facilite les choses. Dans un premier temps, je suis dans une phase d’analyse. Je dispose d’environ six mois pour m’approprier pleinement le projet avant de prendre l’ensemble de mes fonctions. »

Revenir ici, c’est comme revenir à la maison.
Edin Becirovic
Edin Becirovic, le retour 21 ans après à Vevey
En début de carrière, l’ex-attaquant avait posé ses valises à Copet. « Je suis arrivé à Vevey quand j’avais 18 ans. À l’époque, le club jouait en Première Ligue. » Même après toutes ces années, “Becigoal”, surnom donné par les supporters veveysans à l’époque de son premier passage au club, se sent toujours chez lui à Vevey. « Pour moi, il n’y a rien qui a vraiment changé. Le stade, l’environnement, ça m’a toujours plu. J’ai des frissons en en parlant. Revenir ici, c’est comme revenir à la maison. »
Dans un contexte marqué par l’urgence sportive, le président Rama explique pourquoi le profil d’Edin Becirovic s’est imposé comme une évidence pour la direction.
« Nous avons rencontré de nombreux entraîneurs. Reprendre une équipe dernière avec quatre points demande beaucoup de caractère. Edin Becirovic connaît le club pour y avoir joué avant la faillite. Dès le premier entretien, son discours correspondait exactement à notre vision du projet. Il est arrivé avec un staff complet, ce qui est rare et important pour nous. Dès le premier entraînement, il a montré de l’intensité, du caractère et une exigence claire. Il a su transmettre immédiatement l’état d’esprit nécessaire pour essayer de viser le maintien », conclut Rama.

Opération maintien ?
Le premier tour du Vevey-Sports en Promotion League a été des plus compliqués. Avec une victoire, quatre matchs nuls et douze défaites, auxquels s’ajoute un retrait de trois points, la situation sportive s’annonce délicate.
Un défi de taille dans la course au maintien.
« L’objectif est d’atteindre environ 34 à 35 points, ce qui représenterait près de 70 à 80 % de matchs gagnés sur la phase restante. Si le maintien n’est pas atteint, ce ne sera pas un échec. L’essentiel est de montrer qu’une structuration a été mise en place, que des joueurs sont venus défendre les couleurs du club et qu’il existe une continuité dans le projet », souligne Joaquim Adao.

Au-delà du maintien, les bases d’un nouveau projet sportif
Au-delà de l’urgence sportive, le projet se veut plus global. « Ce qui m’attire ici, c’est ce projet de maintien, mais surtout de restructuration, malgré une image qui a été fortement dégradée », indique Joaquim Adao.
« L’objectif est de créer un réseau avec les clubs de la région et au-delà, de proposer ce projet à des clubs évoluant au plus haut niveau national, et de compter sur des jeunes formés en Suisse pour apporter le professionnalisme qui manque aujourd’hui au club, par la formation », poursuit-il.
Une nouvelle dynamique souffle sur le Vevey Sports, avec l’arrivée de nouveaux visages au sein de la direction et plusieurs renforts sur le plan sportif. Le club a notamment misé sur Rejan Thaqi, de retour après une expérience au FC Ferizaj, au Kosovo, ainsi que sur Edon Jusufi et Maxime Moinon en provenance de la Sarraz Eclépens. Le contingent est également renforcé par Hervé Matondo, en provenance du FC Sion, par Noé Philipona, arrivé de Suisse italienne où il évoluait sous les couleurs de l’AC Bellinzone, ainsi que par Senad Cosic, issu des M19 de Neuchâtel Xamax.
La reprise du championnat est programmée au dimanche 15 février, avec un déplacement au Stade du Wankdorf à Berne, où le VS affrontera l’équipe réserve des BSC Young Boys en Promotion League.
Texte : Suat Jashari
Photos : Suat Jashari
