Il y a un an, Pully Football traversait une période d’instabilité. Après plusieurs départs marquants, le club semble aujourd’hui avoir retrouvé un certain équilibre. Regards croisés des entraîneurs des deux premières équipes sur ce nouveau départ.
La saison passée a été marquée par d’importants changements au sein du club pulliéran. Marcos Carballo, à la tête de la première équipe, et Juan Gomez, responsable de la deuxième, ont quitté leurs fonctions. En fin de saison, le président Fabien Mingard annonçait à son tour son départ, ouvrant une nouvelle page dans l’histoire du club.

Analyse de Jordi Peracaula, entraîneur de la première équipe
Arrivé de Gland il y a plus d’un an, Jordi Peracaula regarde dans le rétroviseur et nous parle du travail accompli ainsi que de la stabilité retrouvée au club pulliéran. Pully occupe actuellement la 6e place du classement.
1) Cela fait maintenant un an que tu es au club. Tu es arrivé dans un contexte instable. Comment se sont passés tes débuts ?
Oui, je suis arrivé à un moment où le club traversait une période d’instabilité. En plus de la transition entre deux comités et des départs d’entraîneurs, il y a également eu quatre départs de joueurs clés vers la 1re ligue. Le contexte n’était pas simple, mais je pense qu’il faut savoir considérer l’instabilité comme une opportunité.
La difficulté pousse à se structurer et à optimiser les choses, à condition de l’affronter avec ambition et lucidité. Mon rôle a été d’amener un cadre clair et cohérent pour le staff et les joueurs, afin que chacun puisse se recentrer sur l’essentiel et avancer ensemble.
2) Quel est ton bilan ?
Nous avons dû travailler dans un contexte particulier, avec un effectif réduit et l’absence de certains joueurs décisifs. Le staff et les joueurs ont pris leurs responsabilités et nous avons misé sur le développement des éléments présents. Dans ce sens, le bilan est très positif, d’autant plus qu’il s’accompagne de bons résultats sportifs et d’un classement satisfaisant en championnat.
La réussite leur appartient.
Jordi Peracaula
3) Le club s’est maintenu en 2e ligue inter et a passé deux tours de Coupe. Commence-t-on à voir la « patte Jordi » ?
Les bons résultats en championnat et en Coupe Suisse sont avant tout le fruit d’un travail collectif. Il ne s’agit pas d’une patte individuelle, mais du travail de toutes les personnes qui œuvrent pour le bien de l’équipe. Mes idées de jeu donnent une direction, mais ce sont surtout les joueurs qui ont adhéré à ces principes et les ont incarnés sur le terrain. La réussite leur appartient.
4) On a vu récemment que tu as intégré des joueurs de la Deux. Quelle est ta relation avec Sergio ?
Sergio joue un rôle important dans le club. Son travail avec ses joueurs et la qualité de notre collaboration sont une vraie chance pour Pully. Les joueurs progressent avec lui, et il est logique qu’ils puissent avoir des opportunités avec la première équipe. Quand la collaboration entre la Une et la Deux fonctionne bien, c’est tout le club qui en bénéficie. Il faut cependant éviter de brûler les étapes et toujours placer le développement du joueur au centre des décisions.
5) Quels sont tes objectifs pour le second tour ?
La formation que je suis actuellement pour le diplôme UEFA A est très exigeante et m’apporte de nouveaux outils de niveau professionnel. Mon objectif est de mettre ces connaissances au service de l’équipe et du développement individuel des joueurs Je vois ce second tour comme une opportunité de progression mutuelle, pour les joueurs comme pour moi.
6) Y a-t-il des départs à signaler ?
Noé Rossinelli, joueur emblématique du club ces dernières années, quitte l’équipe suite à une déchirure des ligaments croisés survenue il y a environ dix mois. Il n’y a pas d’autres départs annoncés pour le moment.

Analyse de Sergio Marinho, entraîneur de Pully Football II (3e ligue)
Arrivé cet été à la tête de la deuxième équipe, Sergio Marinho réalise un excellent premier tour. Pully II pointe actuellement à la 4e place, après s’être maintenu in extremis la saison dernière.
1) Comment s’est passé ce premier tour ?
Je ne peux pas être insatisfait. Tous les objectifs fixés cet été ont été atteints : être dans une position confortable au classement à Noël, intégrer des juniors du club, faire progresser les joueurs individuellement et collectivement, et améliorer les interactions avec la première équipe. Une légère amertume subsiste toutefois, car notre classement ne reflète pas pleinement tous les efforts consentis par le groupe.
2) Tu es revenu entraîner à Pully. Pourquoi ?
Un cri du cœur. Lorsque j’ai vu l’annonce pour le poste d’entraîneur de la Deux, je n’ai pas hésité une seconde. À chaque retour à la Rochettaz, les souvenirs affluent. Je retrouve les visages qui m’ont vu grandir, d’anciens coéquipiers, d’anciens joueurs… et aussi ceux auxquels je pense, mais qui ne sont plus là. Mon histoire avec Pully n’était pas terminée. Aujourd’hui, j’espère rendre au club une partie de ce qu’il m’a offert. Les retours des spectateurs, heureux de prendre du plaisir en nous regardant jouer, m’ont profondément touché. C’est l’essence du football des talus : le partage, l’émotion et la simplicité.
Nous pouvons viser plus haut que le simple maintien.
Sergio Marinho
3) L’an dernier, la Deux luttait pour le maintien. Cette saison, vous êtes 4e. Qu’est-ce qui a changé ?
La saison passée faisait suite à de profonds bouleversements. Michele Mazza et Daniel Despraz ont accompli un travail remarquable pour maintenir l’équipe en 3e ligue. Le club a ensuite conservé le noyau dur, complété par trois juniors B et quelques joueurs à l’essai. Dès les premiers entraînements, j’ai perçu une vraie qualité, notamment technique. J’ai apporté une organisation claire, ainsi qu’une exigence et une rigueur constantes. Le groupe a rapidement adhéré, avec des présences toujours nombreuses à l’entraînement. Ce qui a changé ? La conviction que nous pouvons viser plus haut que le simple maintien.
4) Jordi évoque une nouvelle relation entre la Une et la Deux. Est-ce une motivation supplémentaire ?
Absolument. À Pully, la dynamique est totalement différente de ce que j’ai connu ailleurs. Il n’y a aucun problème d’ego : nous nous soutenons mutuellement. Jordi est un technicien hors pair dont je m’inspire volontiers. Il est essentiel que les joueurs appelés en Une retrouvent une continuité dans le discours et les principes de jeu. Pour mes joueurs comme pour moi, c’est une vraie motivation supplémentaire.
5) Quels sont tes objectifs pour le second tour ?
Ils restent similaires à ceux du premier. L’objectif est de maintenir la stabilité de l’effectif, de suivre attentivement le travail des juniors B et d’ouvrir les portes de la première équipe aux joueurs capables de répondre aux exigences du niveau. Si le groupe continue de progresser, nous pourrons accomplir de belles choses et, pourquoi pas, offrir au club une véritable semaine de fête du football au mois de juin.
Texte : Jérôme Marendaz
Photos : FootVaud



